« Je tends l’oreille pour te dire d’écouter »

Le Miradole observe un champ de maïs où pointent à peine quelques jeunes pousses. – Qu’est-ce que tu observes? lui demande un marchand de passage. Le Miradole lui désigne le champ. – J’observe pour te dire de regarder. Et de temps à autre, j’applaudis. – Et tu crois que j’ai du temps à perdre à regarder pousser le maïs? Autant revenir quand il sera arrivé à maturité. -Mais comment le sauras-tu si tu n’es pas là pour observer? Toi, tu y seras. Le marchand poursuit son chemin, sûr de son fait et persuadé d’avoir à faire à un simple d’esprit. Quelques mois plus tard, il repasse devant le champ de maïs. Les plants ont considérablement crû et bruissent dans le vent. Le Miradole a disparu. -Eh, oh, montre-toi ! Mais le Miradole reste invisible et le marchand poursuit son chemin. Il le rencontre bientôt devant un autre champ où pointent à peine quelques jeunes pousses de sorgo. Il lui dit: Dis donc, pourquoi n’es-tu pas resté dans le champ de maïs aux grandes pousses avec leurs épis bien mûrs? – C’est qu’elles n’ont plus besoin de moi. Tu t’es arrêté et tu les as vues tout seul. D’ici, j’entends le bruit qu’elles font et je m’en réjouis. Celles que j’observe ont besoin d’attention et je tends l’oreille pour te dire d’écouter.