Du trouble dans la clairière

Nous étions mercredi au rendez-vous que Marguerite Bobey nous avait donné au musée des Beaux-Arts. Et nous n’étions pas seuls. Le public plutôt disparate et jeune avait des têtes nouvelles. Nonobstant ce relatif succès de la com’, « La danse des fleurs est celle des astres » nous a laissés pour le moins… perplexes. Marguerite Bobey alterne en effet des moments assez forts où on frôle la transe jusqu’à en oublier que tout reste pourtant sous contrôle avec des séquences où l’artiste prend de la distance par rapport à sa pratique spirituelle en psalmodiant Let’s Twist Again par exemple. En a résulté un trouble mal défini. Le spectateur ne sait pas sur quel pied danser. De voyeur, il devient confident. Tenté de filmer, il a petit à petit l’impression de voler de l’intime. Un peu mal à l’aise, il finit par sourire. Si les performances sont là pour déranger, celle-ci le fait très bien. Au Miradole en tous cas. « La danse des fleurs est celle des astres » est à la fois un mauvais plaidoyer pour le chamanisme et un spectacle pas abouti, selon qu’on opte pour l’ethnologie ou le show. Brut sans l’être vraiment avec toutes les imperfections inhérentes au direct et à la performance en close up. Et nous en sommes ressortis un rien troublé. Par quoi au juste alors? Peut-être la tentative touchante, presque désespérée, de cette jeune femme de dépasser ces vieux démons qui ne sont pas dans l’au-delà mais bien ancrés dans sa propre histoire qu’elle n’a, malheureusement sur la fin, pas su garder pour un cercle plus familial. En tous cas, on salue l’invitation assez audacieuse de la directrice du Musée, pour le coup pas conservatrice pour un kopeck. On ne s’est pas ennuyé durant cette performance singulière aux sonorités lancinantes et envoûtantes, et on y pense encore.