Périple au moulin des sourdingues

Comme promis, hier et ici même, le Miradole a suivi une visite guidée sur les pas de Marcel Aymé. On avait pris soin d’appareiller la vaillante conférencière qui tout au long du parcours a dû batailler ferme contre l’artillerie lourde de la sono officielle qui a occupé le terrain toute la journée. Résultat: face à la Médiathèque, on ne pipait mot du petit ampli portatif basse fidélité et le commentaire sur la rue Pasteur s’est fait du pont du Prélot. Dans la Grande Fontaine, l’acoustique était à peine meilleure et de la trentaine de partants, il n’en resta qu’une moitié, arrivés place aux Fleurs. Nicole Regnier connait pourtant bien son affaire: sa maitrise des oeuvres du créateur de Brûlebois est louable. Mais le partage littéraire et patrimonial ne peut se faire dans une telle ambiance foraine. Et pourtant l’extrait de « La Rue sans nom » a aiguisé notre curiosité puisqu’elle s’inspire de la rue Pasteur où nous logeons actuellement notre enveloppe humaine (à suivre…). Peut-être faudrait-il s’inspirer de la Grande Enquête pour recréer un parcours digne de Marcel Aymé? Pourquoi pas des niches-lecture, tout au long d’un parcours balisé, dans des recoins propices à l’écoute et au réalisme fantastique ? Et le monsieur qui, à la Visitation,  vendait de l’huile artisanale pourrait bien en être le modèle… D’une voix douce, sans effet mais avec une conviction sereine où se mêlaient l’amour du bon produit et la fierté d’un père pour son producteur de fils, ce chantre du pressage à froid a réussi à balayer notre mauvais esprit goguenard. Nous sommes repartis avec de huile de tournesol, du vinaigre de sureau et l’espoir d’enfin réussir une mayonnaise dont ses petits-enfants à lui se goinfrent avant même d’entamer les asperges.