Michael Moore aussi léger que la campagne américaine

Allez, reconnaissons-le! Le Miradole s’est bien marré en regardant « Where to invade next ». Au début du moins car comme à son habitude, l’inénarrable Michael Moore traine en longueur. Le pseudo-documentaire repose sur l’idée que le Pentagone, lassé de se prendre des vestes partout sur la planète, envoie le documentariste débonnaire annexer les bonnes idées dans une petite dizaine de pays. Il s’apercevra que, oh merveille ! ces idées sont en fait nées aux Etats-Unis. Ça marche avec le premier mai mais pas avec les repas équilibrés et pas sûr que les droits civiques ait vu le jour en Alabama en 1955. Moore découvre donc le paradis terrestre avec congés payés à n’en plus finir, cantines gastronomiques, prisons cinq étoiles, nazisme éradiqué, études gratuites, école épanouissante, banquiers irresponsables en prison, mères courage au pouvoir. Le Miradole a franchement ri et de bon coeur devant ce portrait idyllique de l’Europe auquel ce vieux roublard de Michael Moore associe la Tunisie après avoir pensé à l’Iran. L’optimisme du yankee gauchiste dépasse les bornes avec bonhommie et on se gausse doucement de son énorme parti pris en espérant qu’il se fout du monde jusqu’à ce qu’on comprenne que ce film où une journaliste tunisienne demande aux Américains d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure ne s’adresse en fait qu’à eux. C’est tout juste si l’ex-présidente de l’Islande n’appelle pas à voter Hillary parce que c’est une femme. L’humour de Michael Moore se diluerait dans la guimauve si le vieux brisquard ne caviardait son docu d’images choc de la violence américaine. On pourra donc prendre « Where to invade next » comme un long métrage de propagande démocrate (version Clinton): « c’est moche chez nous aujourd’hui parce qu’on a oublié ce qui a fait la beauté de notre pays et si nous ne sommes plus des modèles pour le monde, c’est parce qu’on a oublié nos vraies valeurs qu’on exportait jadis. Mais on va se reprendre, c’est promis!» Et si les Américains étaient tout simplement plus cons qu’ils ne le croient et que comme tous les cons qui se respectent, ils osent tout… jusqu’à nous emmerder avec leurs élections présidentielles sans intérêt. Hillary Clinton sera présidente et ne fera pas mieux qu’Obama. Michael Moore pourrait quand même faire un petit effort côté finesse de l’argumentation s’il veut que les Européens aillent voir sa prochaine farce aux bons sentiments. Bon,« Where to invade next »  passe toute la semaine à la MJC: on peut faire un geste si on est curieux ou sociologue !