Radio Elvis recadre le Miradole

Chutes d’interview où Pierre Guénard de Radio Elvis remet les horloges du Miradole à zéro.

LE MIRADOLE.- Radio Elvis, c’est un nom de groupe destiné à séduire les amateurs de rockabilly, n’est-ce pas?

RADIO ELVIS.- Non, pas du tout. C’est un pur hasard. C’est deux mots qui sont venus ensemble. Je trouvais que ça sonnait bien. Mais ça arrive qu’on reçoive des messages de gens qui cherchent à diffuser leur titre sur notre radio. Et on est très touché (rire).

LE MIRADOLE.- « La Force » est une chanson à la structure couplet-refrain ad libitum très avant-gardiste, loin des habitudes du grand public.

RADIO ELVIS.- Finalement, c’est peut-être la plus pop (rire).

LE MIRADOLE.- On sent que vous avez fait de solides études littéraire. Dites-moi si je me trompe.

RADIO ELVIS.- J’ai un bac mais j’allais très peu en cours (rire). J’étais plus préoccupé par la camaraderie. Je suis vraiment autodidacte.

LE MIRADOLE.- Vous lisez beaucoup de poésie alors?

RADIO ELVIS.- Oui, mais aussi des romans et j’aime beaucoup les romans graphiques.

LE MIRADOLE.- Quand vous écrivez « Au loin, les pyramides, le cours de nos tranquilles », où est le nom grammaticalement nécessaire?

RADIO ELVIS.- C’est ce qu’on peut appeler une licence poétique (rire).

LE MIRADOLE.- Du coup on se gratte la tête, on essaye de comprendre les paroles, on réécoute vos chansons, puis ça rentre dans la tête et du coup ça marche, quoi!

RADIO ELVIS.- Eh ben, génial !

LE MIRADOLE.- Et vous êtes vraiment gonflés de commencer votre album avec le mot « synesthésie ». Il a fallu que j’aille chercher dans le dictionnaire. Et tant qu’on y est, dans cette même chanson « Bleur Nuit/Synesthésie », vous faites référence à un certain Gaspard… c’est bien sûr à Gaspard de la Nuit d’Aloysius Bertrand, le poète dijonnais, que vous faite référence?

RADIO ELVIS.- En fait, c’est Kaspar avec un K à l’allemande, Kaspar Hauser de Werner Herzog.

LE MIRADOLE.- Désolé, je ne suis pas un spécialiste de l’alpinisme.

RADIO ELVIS.- La musique sert à nous faire nous sentir autre chose que des humains, ailleurs que sur cette terre. On est plus dans l’évocation que dans la narration. A mon sens, ça peut toucher à des choses un peu plus importantes, un peu plus intemporelles, un peu plus universelles que le fait de me dire que je me suis coupé le doigt ce matin en beurrant ma tartine (rire).

LE MIRADOLE.- C’est là que vous vous éloignez de mes préoccupations… D’ailleurs, je n’ai pas pu écouter en entier le dernier morceau de votre album. Il est trop long, je ne suis pas habitué.

RADIO ELVIS.- C’est pourtant un morceau qui résume très bien l’album. Ça pourrait être quasiment un manifeste de notre manière d’écrire en ce sens qu’à travers le voyage, il n’est pas tellement question du voyage en lui-même, du voyage terrestre mais du voyage introspectif, de la métaphore de la vie et de la mort. La plupart des grand voyageurs ne recherchent que leur propre mort au final.

LE MIRADOLE.- Euh.. y a pas urgence alors?

RADIO ELVIS.- L’urgence n’est pas à ce niveau-là. Elle est vraiment sur scène. Et dans les textes aussi. Même si j’évite de mettre beaucoup de punch line dans un même texte car finalement ça s’annule. C’est l’apprentissage de la mesure.

LE MIRADOLE.- Au Moulin de Brainans, vous allez faire des reprises?

RADIO ELVIS.- Non.

LE MIRADOLE.- Même pas « Cargo de Nuit »?

RADIO ELVIS.- Non, on ne la joue pas sur scène. C’était notre première télé il y a deux ans. On était un peu stressé mais c’était un chouette d’exercice. C’était un bras d’honneur aussi. Quand on fait de la chanson, on ne peut pas faire du rock et quand on fait du rock, on ne peut pas faire de la chanson. Et quand on fait soit l’un soit l’autre, on n’a pas le droit de faire de la pop… et nous on a décidé de faire les trois en même temps. Cette reprise d’Axel Bauer, on s’est dit que ça allait plaire… ou ne pas plaire, peu importe.

LE MIRADOLE.- Et les marinières sur la pochette de l’album? C’est une référence à Etienne Daho, à Arnaud Montebourg, à Jean-Paul Gaultier bien sûr?

RADIO ELVIS.- En fait ce ne sont pas des marinières mais des pulls rayés. Et c’est par hasard.

Au Moulin de Brainans, ce vendredi 14 octobre à 20h30, chaudement recommandé par le Miradole en fin de compte.

Le côté plus clair de l’interview est à retrouver cette semaine dans les pages temps libre du quotidien local.