Du mou dans la date pour la Vouivre

La Vouivre parait en feuilleton du 22 juillet au 9 décembre 1943 dans La Gerbe, (journal collabo si bien nommé!), puis le roman est publié la même année dans la Collection blanche chez Gallimard à Paris. Or selon la collection Folio, la première édition daterait de 1945. Bizarre ! Bizarre ! Erreur improbable ou mauvaise conscience de la vénérable maison? Toujours est-il que Marcel Aymé a échappé à l’épuration dont l’hypocrisie, en revanche, ne lui a pas échappée. Lire Uranus (prêt de la rédaction sur demande). On reprochait surtout à l’auteur d’avoir défendu ses amis collabos et révisionnistes, Brasillach, Bardèche et Céline. Il en profita pour refuser une hypocrite Légion d’Honneur, ce qui est tout au sien… d’honneur, et proposa aux Elyséens de se carrer la rosette justement là d’où elle vient. Mais revenons-en à la littérature. La Vouivre semble être a priori un roman loin des préoccupations de l’Occident des années 40. On n’y parle pas de guerre mais de parcelles de terrain et de propriété foncière. Arsène Muselier est un paysan travailleur, plutôt calculateur mais pas cupide puisque la fortune facile ne le tente pas. Rien pour déplaire à Pétain donc. Pas comme la Vouivre qui n’a cure du qu’en dira-t-on, affole le curé et le maire et menace l’ordre du village. Marcel Aymé était un solitaire et Arsène son héros est à son image: secret, complexe, pas facile à saisir, un brin arriviste mais juste et décidé, il changera tout de même à la fin du roman et arrachera sa rédemption avant que… bon dieu, on a failli vous spoiler la fin. Toujours est-il qu’on prête à qui les demande La Vouivre et Uranus. Contact sur le site.

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