Merde aux ultras du libéralisme

Ne manquez pas le générique initial de « Moi Daniel Blake ». C’est l’une des seules occasions de sourire face à la totale absurdité de la bureaucratie britannique. Pour le reste du film, on a beau être blindé de la carapace au Miradole, « Moi Daniel Blake » fait mal. Une fois de plus, Ken Loach vise juste. Sans outrance misérabiliste, sans effet appuyé. Si vous n’avez jamais pointé à Pôle Emploi, rempli ses formulaires, suivi ses formations bidons, chercher à obtenir son aide par téléphone, eu à hurler dans le hall pour faire aboutir votre dossier, si rien de tout ça ne vous est jamais arrivé, vous avez de la chance. Les autres y retrouveront un peu de leur histoire. Mais tout le monde pourra partager celle de Daniel, un type bien qui perd pied et de Katie, une mère isolée qui doit mettre sa dignité en sourdine. Bien sûr, ça se déroule en Angleterre. Maggie Thatcher et ses sbires ultralibéraux sont passés par là. En France, d’autres ont fait le sale boulot. Ken Loach montre sans les noircir les sous-fifres du système de flicage technocratique absurde qui écrase les citoyens lambdas. Il montre aussi les petites combines du système D qui, malgré lui, renforce la mécanique générale. « Moi Daniel Blake » donne à voir la partie visible et quotidienne du libéralisme sauvage que Wauquiez, Lemaire et consort aimeraient voir triompher encore un peu plus. Il est grand temps de leur dire merde et Daniel Blake nous donne quelques pistes pour en trouver le courage et les moyens.

Le film tourne jusqu’au 15 novembre au Studio de la MJC.

Séances : Jeudi 3 : 20h30 Vendredi 4 : 18h30 Samedi 5 : 16h30 et 20h30 Dimanche 6 : 16h30 et 20h30 Lundi 7 : 15h et 20h30 Mardi 8 : 20h30

danielblake