Y a le feu à la mer, au lac et à l’humanité

On vous avait déjà parlé de Fuocoammare de Gianfranco Rosi, un documentaire sur Lampedusa, l’île au large de la Sicile où s’échouent de nombreux migrants. On l’a vu depuis. Et le programmateur du Studio a l’excellente idée d’en proposer deux séances supplémentaires. Le documentaliste s’attache d’abord à suivre Samuele, un jeune fils de pêcheur, qui tire au lance-pierre sur les oiseaux jusqu’à ce que son « oeil fainéant » lui joue des tours. C’est lent, sans commentaires ni beaucoup de dialogues. La mer est mouvementée et hostile, l’île plutôt inhospitalière à l’exception d’un médecin exemplaire. Parallèlement, la caméra nous emmène à bord des patrouilleurs qui récupèrent les migrants entassés sur des barcasses en perdition. On assiste au sauvetage, au débarquement, à l’accueil pas franchement chaleureux mais digne sauf que les sauveteurs semblent parés pour une apocalypse nucléaire. Et puis, il y a les scènes finales. Au Miradole, on a rarement senti la mort et la misère d’aussi près dans un documentaire. Mais le regard de Gianfranco Rosi reste pudique et délicat. Juste et subtil. Le documentaire prend l’allure d’une allégorie sans morale mais qui donne à penser par analogie. Un film à voir avant de dire n’importe quoi et d’aboyer avec la meute.

Studio MJC, mercredi 23 novembre à 18h00 et dimanche 27 à 20h30.