Contre la politique à deux balles, « L’Opéra de Quat’Sous »…

Voilà qui va nous changer des comptables en costume cravate incapables de budgéter les suppressions massives de postes qu’ils prévoient pour faire croire qu’on vivra mieux avec moins de service public et plus de précarité. L’Opéra de Quat’Sous que propose Jean Lacornerie tombe pile poil en pleine explosion du libéralisme et la situation n’est pas moins explosive qu’en 1928. L’Opéra de Quat’Sous plonge le spectateur dans les bas-fonds londoniens puisque Brecht s’est inspiré de The Beggar’s Opera de John Gay. Putes sans coeur, hommes d’affaires sans scrupules, ripoux en tous genres, racailles et poulets, toute la crème de la fange est de la partie pour se faire des coups foireux. Le profit règne en maitre et la trahison semble le meilleur moyen d’accroitre son pécule. Jean Lacornerie s’appuie sur une nouvelle traduction, très proche de l’originale: il dresse un tableau noir d’une humanité obsédée par le profit sans faire un cours sur la lutte des classes. Sa mise en scène fait intervenir des marionnettes grandeur nature et on nous promet une interprétation bien enlevée des chansons de Kurt Weill aux rythmes assez déglingués qui alternent les ballades mélancoliques et les envolées dévergondées. On attend donc la complainte de Mackie-le-Surineur (Mac the knife) avec une certaine impatience.

L’Opéra de Quat’Sous, proposé par les Scènes du Jura, La Commanderie, vendredi 2 décembre, 20h30, tarif rouge de 17 à 28 euros, tel: 03 84 86 03 03.

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