Faites-vous estamper sans douleur

Ça va faire copinage mais le Miradole aime bien « Le 36 ». On y était donc encore ce matin pour le lancement du mois de l’estampe et de la microédition: « On imprime, on ne déprime pas ». Ça envoie! Si vous avez envie de faire une différence sémantique entre gravure et estampe, sachez que la seconde est le résultat imprimé de la première qui est parfois et par métonymie employée comme synonyme de la seconde. Bref, ça grave mais c’est pas grave! Encore que Dominic Sosolic qui, avec Marie-Anne Pouhin et Marie-Cécile Chevalley, parraine l’évènement, parle de son art avec une gravité qui force le respect d’un branleur comme moi: « L’artiste graveur est dans une forme de fragilité par rapport au reste du monde des arts plastiques. Cela dit, la gravure est à l’art en général ce que la poésie est à la littérature, c’est à dire l’une des formes les plus incompressibles de l’être puisque la gravure s’adresse à une personne. Lorsque l’on est devant une gravure, on est en état de silence contemplatif en pénétrant de notre regard l’image comme le graveur lui-même est en état de création, de contemplation par rapport à sa feuille de cuivre dans laquelle il va inscrire son projet parce qu’il pénètre la plaque de cuivre. La plaque de cuivre est pénétrée par l’outil du graveur comme le regard du spectateur, dans l’intimité du rapport avec l’image, va entrer dans cette image confidentielle qu’est l’image du graveur. Ce n’est pas une image qui a une dimension décorative: elle est porteuse, peut-être plus qu’une autre image, d’une dimension de spiritualité, une chose qui à notre époque n’est pas inintéressant, et cette dimension poétique du monde est indispensable pour avoir une vie équilibrée. » Quand on a eu retrouvé nos esprit, on a fait la connaissance de Marie-Cécile Chevalley sur le nom de laquelle libre à vous de faire les pitres. L’oeuvre qu’elle présente « L’espace et le temps » répond parfaitement à celle que présente Sosolic avec un travail en sur-impression qui vaut une petite visite, notamment si la démarche des palimpsestes de Paul Klee vous a marqués. Quant à Marie-Anne Pouhin, elle présente quatre petits livres d’art qu’on vous encourage à aller feuilleter: l’air de rien, il s’en dégage un je ne sais quoi sibyllin qui nous va bien. Bref il est urgent de ne pas attendre le 36 du mois pour aller faire une petite visite à Catherine et Aurélien dont le projet mérite vraiment un petit coup de pouce.

« On imprime, on ne déprime pas », le mois de l’estampe  et de la microédition, « Le 36 », 25 rue des Arènes, jusqu’au 13 octobre, ce jour-là il y aura le tirage d’une tombola dont vous trouverez les détails par ICI.