12 jours: du grand Depardon?

C’est vraiment pas un film de Noël, 12 jours de Depardon. Ça va pas vous plomber le réveillon non plus mais ça peut remuer. Ce mardi soir, y avait un monde fou au Studio: Saint-Ylie s’était déplacé en force. C’est le secret: touchez le point névralgique, les gens bougent. On n’a pas eu de réponse très précise sur le choix de 12 pour le nombre de jours maximum avant parution devant le juge des libertés et de la détention dans le cadre des soins sous contrainte: le temps suffisant pour voir la famille, stabiliser le patient, se faire une idée de son cas, pondre un diagnostic. On est en revanche parfaitement fixé sur la procédure. C’est assez transparent: le juge vérifie le respect des règles, le psychiatre fait ce qu’il a à faire: l’institution n’est plus aussi opaque et dans le film, aucune décision ne semble préjudiciable aux patients. De ce point de vue, le film est conforme à l’attente. Depardon laisse trainer un peu trop lentement sa caméra dans les couloirs avec un travelling initial doloriste qui ne correspond pas forcément à la réalité de Saint-Ylie par exemple. Le documentariste en fait un brin trop sur l’enfermement mais passons… Sa caméra quand elle saisit les patients est poignante. Du vrai cinéma! Plans d’une grande sobriété sur les visages et les regards. On rit une ou deux fois de bon coeur  mais on mesure vraiment la souffrance pour peu que le spectateur ait une capacité d’empathie moyenne. Pas de pathos artificiel: la souffrance est brute. Pas la peine d’en rajouter. Et là, Depardon fait un travail remarquable. Sur la procédure elle-même, les spécialistes reconnaissent que le film est incomplet. Pour le reste, disons qu’il est est troublant…

Au Studio, mercredi 20 : 18h45, vendredi 22 : 16h30 et 20h30, samedi 23 : 18h30, mardi 26 : 18h30