Dis-moi, Céline, les années ont passé….?

Le Miradole n’est pas un admirateur de Céline: une grande partie de la vie de LF Destouches est celle d’un faux-cul qui a toujours cherché à s’en sortir en flairant la bonne affaire. Il est bourré de contradictions et se prépare donc à faire un excellent écrivain. Sa vie sentimentale est aussi cahotique que son parcours économique. Mais on ne peut pas lui en vouloir sur ces points-là. A partir des années 30, c’est le grande dérapage idéologique. Quelques éclairs de lucidité sur l’impérialisme, le capitalisme et le collectivisme, mais surtout l’aveuglement raciste et la paranoïa généralisée. Pas clair et glauque, voilà le personnage sur lequel on a beaucoup trop écrit comme d’ailleurs on écrit beaucoup trop sur la littérature, et beaucoup trop de littérature en général d’ailleurs. Reste que Voyage au Bout de la Nuit et Mort à Crédit sont deux romans hors du commun. Il serait dommage de ne pas en lire au moins quelques pages. C’est du gonzo avant l’heure…

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser la maison Gallimard à rééditer les pamphlets? Qui va encore s’emmerder à lire ces conneries sans doute bien écrites au demeurant? Mais franchement au-delà des deux romans précités, Céline est difficile à lire. Un style chaotique pour une vision cataclysmique. Alors les pamphlets, on n’en a rien à battre! Et ces hypocrites de chez Gallimard peuvent ranger leur appareil critique et remonter leur braguette. Qui lira tout ce foin babillard qui en plus a déjà été écrit? Les nazillards qui ont déjà leurs collectors clandestins? Les paumés qui se radicalisent? Le français de la rue qui se fout de savoir qu’Audiard était de droite? Les lycéens qui ont pris l’option manga au bac? Bref, qu’on nous emmerde pas avec tout ce bastringue, y a autre chose à lire! Et du bon! On n’a qu’une vie. Faut pas gâcher… 

En préparant ce billet, on est retombé sur un extrait de L’Eglise, une pièce de Céline qu’on n’a pas lue. Ça lui colle pas mal au Ferdinand: « C'est un garçon sans importance collective, c'est tout juste un individu. ».

Pour en savoir plus, y a ce qu'il faut sur le site de France Culture mais le lien veut pas se laisser copier.

Il existe une version audio du Voyage de Denis Podalydès, plus fade que Lucchini mais gratis sur Youtube. Plus de 15 heures, tout de même.

On peut aussi écouter Arletty qui ajoute sa gouaille à la petite musique grinçante de l'auteur.