Un Bernard Friot peut en cacher un autre

Malgré la bourrasque diluvienne d’hier soir, le Miradole trainait ses guêtres à la Médiathèque pour cette soupe littéraire annoncée: en d’autres termes, il couvrait la Nuit de la Lecture. On n’est pas très chaud d’habitude pour ce genre de manifestations entre-soi qui drainent les lecteurs incurables sans jamais toucher un public moins enclin à ouvrir un livre. La soirée s’est pourtant révélée pleine de bonnes surprises: on ne vous mentira pas en vous faisant croire que nous sommes restés jusqu’au bout. On a confié à la stagiaire le soin de goûter la soupe, la galette et le pinard. Le comédien Christian Pageault (ce n’était donc pas Jacques Pithioud qui animait mais il était présent dans l’assistance, bonsoir Jacques!), c’est donc Christian Pageault qui était en charge de la lecture. Mazette, le liseur connait son métier! mais ce qui nous a le plus surpris, c’est l’annonce du premier auteur choisi: pensez donc! Bernard Friot! Alors que la médiathèque a résilié son abonnement au Monde Diplomatique sous prétexte que personne ne le lisait, que diable venait faire dans cette sélection le chantre du salaire à vie et le créateur de Réseau Salariat. On a vite compris qu’il s’agissait d’un homonyme, tout aussi versé dans la littérature que le précédent, grand amateur de poésie et sympathisant communiste. Signalons au passage qu’aucun livre de Bernard Friot, sociologue franchement de gauche, n’est disponible à la Médiathèque. Cela dit, l’autre Bernard Friot nous a carrément bluffé. Etait-ce la faconde dramatique de Pageault, la fantaisie débridée du discours intérieur ou le format court de ces nouvelles? Toujours est-il que le Miradole vous en recommande la lecture. Bien sûr, nous n’avons eu droit qu’à un échantillon des Histoires Pressées mais on vous recommande cet auteur bien servi à la médiathèque, lui! On peut aussi aller faire un tour sur son site. Voire lire le longue article que lui consacre Télémaque et qui révèle notamment le travail de Friot auprès justement de publics pas très portés sur la lecture.