Le Printemps des Poètes sans se faire chier

D’une manière générale, la poésie m’emmerde. Encore faudrait-il s’entendre sur le terme et ne pas confier la tâche à un amateur. Je me suis fendu de nombreuses pages sur la question dans un pensum académique sur la prosodie. Et j’en avais conclu qu’il ne fallait pas aller chercher midi à Annoires-les-Eaux-Bleues: la plupart du temps, les poètes disent ce qui leur passe par la tête. Et ils se trouvent toujours des lecteurs pour y fourguer leurs propres lubies.

« Au-delà de 500 lecteurs, c’est un malentendu. » Henri Michaux

Quant à Enzo Cormann, il abonde dans notre sens quand il écrit sur la jaquette du programme 17-18 des Scènes du Jura: « Quand tu ne sais plus quoi penser, écris un poème. » Ce qu’on désigne sous le terme de poésie relève donc la plupart du temps pour nous de la pensée mythique.

Ce n’est nullement péjoratif dans notre bouche mais c’est un fait linguistique, la poésie, lorsqu’elle sort des contraintes prosodiques (rime, mètre, parallélisme et tout le toutim), tend à tordre le bras au réel pour le rapprocher de ce qu’elle dit sur la réalité. C’est la démarche inverse de la science, et de son protocole de vérification.

"La poésie peut tout dire et n’importe quoi." Tao Kun Chang

Et c’est ainsi  que nous l’aimons: lorsqu’elle dit n’importe quoi! Et là réside tout le risque: le grand n’importe quoi, à la longue, c’est emmerdant. On s’arrêtera donc pour vous donner rendez-vous chaque jour du mois de mars dans la rubrique « ? » du site. Nous y ajouterons jour après jour un petit poème de notre choix avec une notice pas piqué des hannetons. A la revoyure! Sur le Miradole et sur Ombileaks!