Le Printemps des Poètes sans se faire chier

Samedi 31 mars

Notre périple en prosodie n’aurait pu afficher complet sans un poème d’Abû Nuwâs, célèbre rimailleur iranien qui vécut en même temps que Charlemagne et se paye le luxe d'avoir une longue avenue à Bagdad le long du Tigre: on y trouvait dans les années 80 des bouibouis à masgouf (poisson grillé) assez cracras mais ouverts tard dans la nuit.

Le poème qui s'intitule  أكفاء الخمر (qu'on traduira par alcoolique pour faire l'imbécile et qui se prononce AKFA`U AL-KHAMR pour faire local) comporte un nombre de distiques insuffisant pour que nous prenions le risque de l’appeler qasida . Un seul thème est bel et bien  traité dans ce musaddas  (retenez-moi où je fais un malheur!): el pinardo dont chaque vers est plein grâce à la répétition de la rime identique ها.

Ami non-arabisant regarde donc à gauche, espèce de cornichon! L'arabe se lit d'est en ouest.

Comme on peut le constater, le poème évoque tout le processus qui va de la vinification à la libation, et c'est pourquoi il est écrit de travers. Mais me direz-vous... eh bien oui, Abû Nuwâs fait dans la poésie bachique et grivoise, ce qui lui valut un certain succès. C'est en quelque sorte, le Pierre Perret de la Mésopotamie abbasside 

Nous en proposons une traduction toute personnelle.

Mais on a d'abord pris la liberté de réécrire le poème dans le bon sens de la marche pour que ce soit plus clair.

Il a recommandé le vin pour ses agents et l'a appelé son meilleur nom Ne pas rendre l'eau dure et ne pas la jeter sur son eau À Ala Ala Karkh a vécu jusqu'à une époque jusqu'à ses parties les plus éloignées 

Il était à peine conscient de Khmarha d'entre eux seulement le dernier de ses passe-temps # Putain = petit, précieux Je suis parti et indigné maudit les âmes de son chagrin, et sa colère Et le vin peut le boire, mais ils ne le sont pas s'ils sont hostiles à ses coffres

Alors bien sûr, les puristes nous reprocheront la licence poétique de niveau 4. Certes mais l'esprit est intact et c'est là l'essentiel!