Forman insoumis

Le Miradole va se faire un peu de mal ce soir en revoyant Vol au-dessus d’un nid de coucou sur ARTE. J’ai lu le bouquin de Ken Kesey à 15 ans avant de pouvoir voir le film de Milos Forman qui est sorti alors que j’en n’avais que 12. Le roman m’a donné la rage. Je me suis toujours senti un je-ne-sais-quoi de McMurphy dans l’âme. Quand j’ai découvert Nicholson à l’écran, je me suis mis à porter mon bonnet comme lui, à replier mes manches de tee-shirt et j’ai compris que je ne serai plus jamais tout à fait normal. L’ennui, c’est que je suis un peu tous les internés en même temps. Mais le film ne s’arrête pas entre les quatre murs de l’hôpital psy. C’est une charge furieuse contre les règles à la con qui nous emmerdent tous les jours. Ça donne un vent de folie dans l'univers étriqué de la réussite à deux balles. McMurphy n’est pas non plus un modèle: c’est un fugueur jouissif qui tente d’échappe à la responsabilité de ses actes. Mais bordel! regardez ce film et on en reparle samedi prochain sur le parvis de la Gare. D’habitude, ça me fait chier d’entendre le mot insoumis galvaudé à toutes les sauces mais quand j’ai lu qu’ARTE l’avait associé à Forman, la musique du générique a roulé dans ma tête, à côté du visage impavide de Chef, et je me suis dit qu’il ne l’avait pas volé, ce titre d’insoumis.