Une première aux Tanneurs pour le Miradole

Le Miradole et le stagiaire ont fait le grand saut: ils sont allés aux Tanneurs pour voir Don’t worry, He won’t get far on foot. C’était leur toute première fois depuis la fermeture du Studio. L’un comme l’autre, ils appréhendaient un peu. Faut les comprendre: il n’y mettent jamais les pieds. Et donc, les voilà! Très bon accueil, non pas au guichet mais directement au comptoir à pop corn mais vraiment un accueil sympa. On attend un peu parce qu’il y avait une séance pour Avengers ou un truc dans le genre juste avant. On ne sait pas ce que c’était mais y avait un peu de monde pour un dimanche midi. Bref, direction salle 5. Et là, bonne surprise: l’écran n’est pas minuscule, ça ne sent pas des pieds et la disposition des sièges est excellente pour les petits. On a choisi notre place vu qu’on était les premiers et on devait être 5 ou 6 dans la salle. Personne devant nous en tous cas. On n’attend pas et ça démarre assez vite. Enfin, la pub et les bandes annonces démarrent. Et là, ça se gâte! Deux fois le teaser de Legendary de Spielberg et autre block busters, celui de Place Publique qui dure des plombes, un clip ignoble contre le parkinson, des pubs pour école de management, des recommandations à répétitions comme si on allait passer notre temps à téléphoner avant de saccager la salle, bref on peut arriver un quart d’heure en retard. Sinon le film Don’t worry, He won’t get far on foot ne mérite pas le label art et essai et s’il n’est pas mauvais et traite plutôt bien du problème de l’alcoolisme, il tombe dans les travers des productions américaines destinées à un public assez large: rédemption réussie, bons sentiments, touche piano au moment émotion, galerie de personnages consensuelle (un black, un homo, une grosse, un sidaïque, une hôtesse de l’air suédoise secourable…). On ne s’est tout de même pas ennuyé et le problème d’alcool est évoqué sans euphémisme. L’histoire de ce cartooniste est intéressante, y avait vraiment matière avec cet humour franchement noir et décalé dont manque justement le film. Gus Van Sant est coincé entre son talent d’autrefois et une machine à succès qui ramollit tout ce qu’elle touche. En sortant, ça sentait quand même l’huile chaude dans le hall.

Le dessin qui a donné le titre Celui qui nous fait beaucoup plus rire. Et la preuve que Gus Van Sant a longuement hésité entre Jean-Marie Sermier, Robin Williams et Joaquim Phoenix pour le rôle de John Callahan.