Cirque et Fanfares en trop grande(s) forme(s)

L’édition 2018 s’est déroulée sous un soleil éclatant: le Kikiristan a le cul bordé de nouilles et on ne va pas s’en plaindre. Comme d’habitude, on n’a pas pu tout voir (même si on a vu « Vu » et qu’on a personnellement remercié Étienne Manceau pour son spectacle de jonglerie minimaliste comme on les aime) mais on a pu se faire une bonne idée de l’ensemble.

L’ouverture était un joyeux moment populaire. Tout le monde a pu suivre les fanfares sur l’eau surtout les notables à qui on avait réservé la passerelle pour pérorer bien en vue. Dommage aussi pour la montgolfière qui devait emmener les joyeux drilles du Kikiristan vers d’autres cieux, mais pas par vents contraires.

On ne se prononcera pas sur le panel de fanfares vu que le Miradole n’est pas amateur de tintamarre. On se félicite toutefois de la victoire du rasta sympa: on avait annoncé dans le journal local qu’il y aurait comme un avant-goût de No Logo et on ne s’est pas trompé! Faudra quand même dire au chanteur de l’Ensemble national de Reggae que les choses ne vont pas aller mieux parce qu’on aura souri alors qu’on nous enc…

Sinon… la rançon de la gloire a encore frappé car il faut bien payer pour le revers de la médaille. Tant mieux pour la fréquentation, les ventes de saucisses grillées et de bière et tout ce petit commerce pas très diététique qui alimentera les caisses de nos impôts locaux (et si, amis commerçants, il faudra bien faire circuler les bénéfices!). Tant pis pour la visibilité de certains spectacles. Samedi soir alors que Grav’Kassur et Sergent Garcia faisaient le plein de la place nationale, nous chôpâmes in extremis une mauvaise place au musée pour Sivouplait, le duo nippon ni parlant qui mérite amplement ses six mètres de Morteau même si… ça tombe trop bien à quelques mois du Week-end nippon du Chat gourmand. On a bien essayé de les revoir place Pointelin le lendemain mais c’était blindé devant la Caisse d’Épargne. Quatre prestations de 35 minutes: c’était pourtant parfait.

On a adoré faire un bras d’honneur à la vidéosurveillance avec le Ministère des Rapports Humains, les guides franchement conteurs. Il fallait tout de même les suivre pendant 90 minutes: l’avantage, c’est qu’on pouvait quitter l’équipage discrètement à tout instant et qu’il y a avait des pauses-balades entre deux interventions. Et Messieurs Pichon et Perriep ont parfaitement géré la foule.

Ça a été un peu plus compliqué pour Annibal et ses éléphants. Dimanche on s’est pointé 45 minutes avant le spectacle et il y avait déjà des gens en place. Bien sonorisé, Misérables nous a carrément plu. Pas sûr toutefois que cela a été le cas des nombreux enfants: mais bon! on pouvait saisir à différents niveaux… et ne pas rester jusqu’au bout. Mais sortir discrètement d’une boite de sardines n’est pas chose aisée.

Les échassiers togolos d’Afuma étaient parfaits pour être vus de tout le monde surtout devant la Collégiale, un jour de Pentecôte.

La déception est plutôt venue de Five Foot Fingers qu’on avait vraiment apprécié il y a deux ans. Tout ce qui reste chorégraphie funky est cependant toujours aussi ouf! L’idée du message écolo demande sans doute un peu plus de dérision encore. La « MAGIE » n’a pas fonctionné comme la dernière fois même si certains numéros restent top comme celui de Barbara et l’Aigle Noir par exemple mais Jungle Five n’était, à notre avis dont l’humilité n’a d’égale que l’insignifiance, pas suffisamment abouti au niveau de l’écriture… et surtout trop long.

C’est peut-être d’ailleurs ce qui a cloché le plus dans cette édition de Cirque et Fanfares: la nécessité de se pointer en avance pour être bien placé (ou pas d’ailleurs) et la durée de certaines prestations scéniques qui pourraient peut-être adopter des petites formes.

Sinon, on a passé de bons moments de spectacle vivant parfois carrément séditieux et c’est… tant mieux!

Pour ce qui est du feu d'artifice, les gens ont pu se rendre compte à quoi ça ressemble un bombardement en Syrie.