L’instant Miradole par Guillaume Meurice

Le Miradole a juste eu à envoyer un SMS. Guillaume Meurice a répondu « avec plaisir ». Et ils se sont parlé pendant plus de 20 minutes. Ce mec est charmant, décontracté, vif et nature. Un joyeux luron comme on les aime et qui parle sans détour ni trompette. On pourrait croire à l'écouter qu'on est encore en démocratie. Micro…

LE MIRADOLE.- Vous êtes toujours aussi facile à contacter?

GUILLAUME MEURICE.- Oh ben oui!

LE MIRADOLE.- Pour contacter Franck Dubosc par exemple, c’est un peu plus compliqué.

GUILLAUME MEURICE.- Ben tant mieux! Ça me va et j’espère rester comme ça.

LE MIRADOLE.- Est-ce qu’on commence à vous reconnaitre dans la rue?

GUILLAUME MEURICE.- Un peu. Ça arrive, ouais. C’est surtout à cause… ou grâce à la radio-télé, quoi… ou la radio enrichie comme ils appellent ça, eux! Vidéo YouTube, FaceBook et les réseaux sociaux. Mais ça reste cool. Ça reste sympa. Les gens qui me reconnaissent me disent qu’ils aiment bien. On discute, ils me posent des questions.

LE MIRADOLE.- Et pour les micro-trottoirs, les gens se méfient ou pas?

GUILLAUME MEURICE.- Non, les gens qui me reconnaissent, je les interroge pas parce que ça fausse un peu le jeu mais non, non, c’est pas difficile pour bosser, c’est pas handicapant.  Je suis reconnu par les gens qui regardent sur les réseaux sociaux. Parfois, les gens me disent: bravo pour votre chronique du matin. Alors que je suis l’après-midi mais que je la poste le matin sur FaceBook. Ils n’écoutent pas forcément toute l’émission mais ils choisissent un peu les chroniques qu’ils préfèrent et ils regardent sur YouTube, FaceBook ou Tweeter.

LE MIRADOLE.- Malgré vos micro-trottoirs, vous faites confiance au journaliste sans carte de presse qui est en train de vous interviewer? Est-ce que vous êtes sûr que je vais rendre vos propos?

GUILLAUME MEURICE.- Ah, vous rendez bien ce que vous voulez! Les gens me disent parfois: vous allez me faire dire ce que je n’ai pas dit. Alors que ce n’est pas possible en fait. Les gens disent des choses que je ne peux pas inventer à leur place. L’art de poser des questions ou de les préparer, ou d’être renseigné sur tel ou tel sujet, ça, c’est autre chose. C’est pas un art d’ailleurs. C’est du temps de recherche. Mais c’est impossible de truquer. Ou alors il faudrait mettre un oui à la place d’un non. Mais moi ce qui m’intéresse, c’est pas vraiment les oui et les non, c’est le raisonnement des personnes, donc j’essaie de chercher un peu plus loin, de chercher la petite bête.

L'instant Meurice

LE MIRADOLE.- Vous avez l’air optimiste. C’est vrai ou pas?

GUILLAUME MEURICE.- Ouais hé hé hé… Ce n’est pas non plus un optimiste inactif, quoi. C’est là que je vois bien que la majorité des gens n’ont pas d’opinion tranché sur tel ou tel sujet de société. Ils sont hyper-malléables. Moi, ça me faisait marrer pendant la campagne quand les gens, ils me disaient: j’hésite entre Dupont-Aignant et Poutou. Y en avait. Il y a vraiment des gens comme ça. Ça veut dire  que les choses ont changé. Avant, dans les années 70 ou 80, y avait vraiment des partis forts, des lignes de fracture politique très clivantes et maintenant, ça n’existe plus. Macron a profité de ça d’ailleurs.

LE MIRADOLE.- Malheureusement.

GUILLAUME MEURICE.- Oui, donc, ça peut rendre pessimiste parce que les gens qui ont connu ces époques-là et qui étaient très engagés dans une action, une idéologie, ça les déstabilise mais moi, ça me rend optimiste parce que je me dis que finalement ces gens ne sont plus enfermés dans leur ligne de couloir et qu’ils peuvent changer pour le pire, ouais, ou pour le meilleur. Je suis assez fasciné par comment les homo sapiens arrivent à aussi mal s’en sortir, alors qu’ils sont l’espèce autoproclamée la plus développée. Comment on peut être l’espèce la plus intelligente et arriver à faire autant de la merde jusqu’à niquer son propre écosystème? Je suis fasciné par ça, quoi! Comment tous ces gens-là n’arrivent pas à vivre ensemble? Après, c’est des chroniques entières. J’en rigole mais…

LE MIRADOLE.- Alors si on parle un peu philosophie, vous avez déclaré sur Thinkerview…

GUILLAUME MEURICE.- On m’en parle souvent de cette interview…

LE MIRADOLE.- Parce qu’on prend le temps sur Thinkerview et c’est ça qu’est bien… Parce que d’habitude vous faites plutôt dans le rapide et là, vous aviez le temps de vous poser et de parler de pas mal de choses. Alors vous avez dit un truc qui me plait bien, moi: « on est le fruit de son histoire, de son milieu ». Ça fait de vous un marxiste ou quoi alors?

GUILLAUME MEURICE.- Ah ah ah, je ne sais pas,  j’aime pas trop les « -isme ».

LE MIRADOLE.- J’allais dire marxien…

GUILLAUME MEURICE.- C’est Spinoza qui a théorisé ça, donc je trouve que c’est vraiment intéressant. Evidemment, on est pas que ça, quoi! Mais je trouve que la société actuelle, elle se construit vraiment sur la fausse idée du « libre arbitre roi », c’est à dire que Macron, il va te dire que c’est le « quand on veut, on peut ». Pour eux, il n’y a pas de sociologie en fait. Il n’y a qu’un individu, tout seul avec lui-même. C’est faux. Ça ne résiste pas à l’épreuve de la réalité, leur idéologie. Là où ils sont balèzes, c’est qu’ils ont réussi à faire croire à tout le monde que leur idéologie, ce n’en était pas une. Macron quand il dit: je suis pragmatique, je fais avec la réalité, je ne suis pas dans une idéologie, c’est faux! On s’inscrit dans une structure, la société, elle est structurée comme elle est mais c’est le fruit de certaines évolutions, donc on peut la changer. Vous voyez que je suis optimiste. On peut la changer, c’est juste un désir de collectif mais somme ils sont en train de péter toutes les velléités collectives, les rassemblements, au profit de l’individualisme. L’ubérisation, c’est ça. Chacun est son propre patron et démerdez-vous dans votre coin. Le match se joue là en fait aujourd’hui, je pense. Donc, oui, je crois qu’on est plutôt déterminé par là où on nait, notre éducation, nos rencontres, etc… mais qu’il nous reste évidemment une part de libre arbitre. On n’est pas des robots.

LE MIRADOLE.- Du coup, vous qui êtes pas mal dans la rue à interviewer les gens, vous les sentez plutôt résignés. Par rapport à il y a un an, vous avez dû voir une évolution…

GUILLAUME MEURICE.- Ben, je vois pas trop l’évolution en vrai. Non, je les sens… après, c’est pareil, je fais pas un travail de socio… je discute avec beaucoup de personnes mais… je les sens comme je disais il y a quelques minutes… très indécis, très malléables. Je dis « ils » mais « on », quoi! On a tendance à répéter les derniers trucs qu’on a entendus si on ne prend pas le temps de mettre en perspective et de faire un peu d’esprit critique, on prend pour vérité des choses qui sont que de la com’ et de l’idéologie. Donc j’ai tendance à dire que je recueille à mon micro la réalité qui a été passée au tamis des médias. Quand je demande aux gens: qu’est-ce que vous pensez de tel sujet, il y en a beaucoup qui ne se rendent pas compte qu’ils ne pensent rien de tel sujets et qu’ils vont répéter un truc qu’ils ont entendu. Mais on est comme ça, je peux être comme ça aussi.

LE MIRADOLE.- Là du coup, je vous trouve moins optimiste… on est carrément chez Chomsky.

GUILLAUME MEURICE.- Ah ah, il faut écouter des médias qui fonctionnent bien. Voilà, c’est ça!

LE MIRADOLE.- Vous êtes un déconnard de nature? Ou est-ce que ça vous est venu progressivement?

GUILLAUME MEURICE.- Non, je faisais le con en cours, je me faisais virer. Je n’ai pas eu besoin de me forcer.

LE MIRADOLE.- Pas d’appréhension avant d’entrer sur scène?

GUILLAUME MEURICE.- Non, le spectacle que je fais en ce moment, il est rôdé. Ça fait quatre ans que je le fais. Donc, je n’ai plus du tout d’appréhension mais je suis en train d’en monter un autre et je retrouve ce petit stress de la création, de la prise de risque qui est quand même limitée parce qu’on n’est pas à la guerre non plus. Le pire qu’on risque, c’est un bide et ça n’a jamais tué personne. Ça tue un peu d’amour propre mais c’est pas grave. Je retrouve un peu ça mais pas pour ce spectacle-là.

LE MIRADOLE.- Du coup, « Que demande le peuple? » a été écrit en 2014 mais vous l’avez un petit peu arrangé?

GUILLAUME MEURICE.- Ouais, avant je jouais le communiquant de Manuel Valls. J’ai changé plein de trucs. Je parle pas mal de la campagne mais petit à petit, je commence à virer des choses parce que ça commence à être un peu vieux et je rajoute des nouvelles choses d’actu. Alors, c’est pas non plus un spectacle politique qui parle de politique politicienne. C’est pas une revue de presse.

LE MIRADOLE.- On sent bien que c’est pas votre truc. Vous n’êtes pas du tout Bedos…

GUILLAUME MEURICE.- Ah ah ah… comme je suis dedans tout le temps, sur scène, je me dis que je vais faire un truc un peu plus général. Et puis moi, je viens du théâtre. Donc, je préfère faire un personnage, que le personnage ait une histoire, qu’il y ait un début, un milieu, une fin, que ce soit structuré comme une vraie pièce. Un vrai seul en scène.

LE MIRADOLE.- Ce personnage, on a l’impression de le retrouver dans Jaloux de The Disruptives.

GUILLAUME MEURICE.- C’est exactement ça.

LE MIRADOLE.- Alors justement parlez-moi un peu du groupe. Vous êtes musicien? C’est un one shot? C’est quoi?

GUILLAUME MEURICE.- C’est mon prochain spectacle normalement, ce sera un spectacle musical. C’est un avant-goût. On l’a mis un peu en avance sur Internet pour préparer un peu le terrain. Il y a des gens qui le prennent au premier degré et tout. C’est très marrant.  Il y a des réactions qui nous amusent beaucoup.

Dur rock, du rock, du rock !

LE MIRADOLE.- Il y a des gens qui vous prennent au premier degré?

GUILLAUME MEURICE.- Ouais, il y en a quelques-uns. Après sur Internet… Il y a la team premier degré. Il y a des gens qui pensent que c’est vrai. Il n’y a pas de recul.

LE MIRADOLE.- J’avais presqu’un peu l’impression de reconnaitre des accords à la « The Jam » en intro…

GUILLAUME MEURICE.- Ahhh, y a un peu de ça mais c’est pas moi qui compose la musique. c’est le guitariste. Moi, je suis assez nul en culture musicale. Je m’appuie sur des gens assez costauds. Le guitariste, la batteuse et le bassiste, ils sont vraiment très, très forts et c’est eux qui composent la zique. Moi, j’écris les textes. C’est déjà pas mal.

LE MIRADOLE.- Et ils sonnent bien avec…

GUILLAUME MEURICE.- Mais pour les références, il vaudrait mieux leur demander directement sinon ils vont se foutent de ma gueule.

LE MIRADOLE.- Toujours sur Thinkerview, vous dites: « en tant qu’humoriste, je ne suis pas dangereux ». Vous confirmez?

GUILLAUME MEURICE.- Ah ouais, je confirme. Je crois que je suis dangereux pour personne. Dangereux, ça veut rien dire. C’est la question de la subversion. Est-ce qu’on est subversif? Je ne crois pas être très subversif en étant payé par l’État français, ça n’aurait aucun sens de dire que je suis subversif. Je donne mon avis en faisant des blagounettes. C’est ce que j’aime faire et puis, ça va comme ça, quoi! Je ne pense pas que j’ai une réelle influence sur les gens qui m’écoutent pour les faire changer d’avis. Si j’avais vraiment cette ambition-là, je pense que pour le coup, je serais pessimiste et assez désespéré. J’essaie de les faire marrer, de leur donner un peu de baume au coeur, c’est déjà bien, et puis après, participer à une sorte de mouvement un peu progressiste avec les idées que je défends. Mais bon, ça reste des blagounettes.

LE MIRADOLE.- Ne minimisez pas non plus. Sans être un leader d’opinion, vous avez une certaine influence.

Ouais, comme tous les gens qui disent ce qu’ils pensent. Et puis comme j’ouvre ma gueule une fois par jour à la radio à force…

LE MIRADOLE.- Vous pensez continuer la radio encore longtemps?

GUILLAUME MEURICE.- Ça, je ne sais pas du tout. Je suis incapable de me projeter dans l’avenir.

LE MIRADOLE.- Les micro-trottoirs, ça dure depuis quand?

GUILLAUME MEURICE.- Sous cette forme-là, ça fait cinq ans, je crois. Quand j’ai commencé la première, je me suis dit: je vais faire une saison et après, je ferai autre chose. Finalement, il y a eu une deuxième saison, ça s’est bien passé et puis après, c’était la campagne électorale. C’est la quatrième saison, alors… je dis des conneries, ce n’est pas la cinquième. Puisqu’on a commencé en 2014. Avec la campagne, tu peux faire tous les meetings, ça va être marrant. On se disait avec Macron, ça va être moins rigolo. Mais en fait, si! Donc voilà!

LE MIRADOLE.- La télé vous a contacté?

GUILLAUME MEURICE.- Beaucoup au moment de la campagne parce que justement il voulait que je fasse les meetings avec une caméra. Mais, ça m’intéresse pas. La télé, ça me fait un peu chier. Le support est lourd et le maquillage… moi, quand je vais en reportage, j’y vais tout seul. J’ai mon petit micro, je m’arrête boire un café, je discute avec les gens, je suis un peu solitaire dans l’exercice. J’ai pas de co-auteur, j’aime bien être peinard.

LE MIRADOLE.- Mais ça peut provoquer de grands moments de solitude aussi, non?

GUILLAUME MEURICE.- Ça m’amuse, moi. Je vais à des meetings de Wauquiez en me disant… bon, si j’avais pas fait ce genre de chroniques, jamais de ma vie, j’aurais mis les pieds à un meeting de Wauquiez. Et puis après, tu discutes avec les gens et tu te rends compte qu’ils sont comme toi en fait. C’est juste qu’on leur a mis de la merde dans la tête. Ce sont des gens qui ont peur en fait. Ça m’a surpris en commençant à faire mes meetings du FN, de Wauquiez et cie, des identitaires et de la manif pour tous, je me disais: je vais tomber sur du facho de base. Mais pas du tout en fait. Oui, y en a certains qui ont théorisé leur haine. Mais la majorité, ce sont des gens qui ont peur. La manif pour tous, c’étaient que des gens qui ont peur que la civilisation soit détruite parce que  deux homos vont signer un papier pour se marier.

LE MIRADOLE.- Ils ont peur et donc ils sont contents de se retrouver à plusieurs.

GUILLAUME MEURICE.- Ouais et c’est pareil pour le racisme. C’est que des gens qui flippent, quoi! Après leur peur est maintenue et devient un argument électoral. C’est assez structuré quand même mais en tous cas, c’est efficace.

LE MIRADOLE.- Cosme, votre roman marche bien?

GUILLAUME MEURICE.- Ça va. Y a pas mal de bonne presse mais les ventes, j’en sais rien du tout.

LE MIRADOLE.- J’ai pas encore eu le temps de l’acheter mais vous me le conseillez pour les vacances?

GUILLAUME MEURICE.- Oui, sur la plage, ça se lit vite.

LE MIRADOLE.- Ça me tente bien vu comment vous en avez parlé au Média…

GUILLAUME MEURICE.- Ça n’a rien à voir avec ce que je fais. Ça m’a amusé de l’écrire. Enfin, moi, tout ce que je fais est un peu basé sur l’amusement. Quand ça m’amuse pas, je le fais pas. Donc, ça m’a bien fait kiffer d’écrire ça, l’histoire de mon pote qui a découvert le sens caché d’un poème de Rimbaud…

LE MIRADOLE.- Ne me dites rien!

GUILLAUME MEURICE.- Non, non, je vais pas spolier. Mais ça me fait marrer que ce soit un mec comme ça qui fasse la nique aux universitaires, aux autorités littéraires françaises parce que c’est un truc très lourdingue, en France, la littérature…

LE MIRADOLE.- Je viens de ce milieu-là et je le déteste. Le peu que je vous ai entendu dire sur votre livre m’a tellement rappelé mes études littéraire, je me suis dit oh la la, je vais lire ça, je vais me marrer.

GUILLAUME MEURICE.- Ah, ouais, ils te dégoûtent à vie, alors qu’il faudrait dire aux gamins c’est: faites de la poésie, faites ce que vous voulez, écrivez! D’ailleurs faudrait même pas dire faire, faire du théâtre, faire de la musique, faire de la poésie. Faudrait dire: jouez, écrivez!

LE MIRADOLE.- Je crois que vous aimez bien Usul. Alors écoutez le dernier truc qu’il a fait sur le rap!

GUILLAUME MEURICE.- Oui, j’ai vu hier. J’aime bien Usul, il fait un bon boulot.

LE MIRADOLE.- Dernière chose: j’ai vu l’hommage à Desproges. Plutôt réussi, non?

GUILLAUME MEURICE.- C’était une commande de la chaine (NDLR: France Inter). Moi, ça me fait chier les hommages et lui, ça l’aurait fait chier. Mais, bon, les copains le faisaient et tout. J’ai dit: bon! Ça faisait un peu snob de refuser. Et puis j’aime bien Perrine Desproges. Je leur ai dit: je veux bien le faire mais seulement si je fais le procureur qui défonce Desproges. C’est plus rigolo, quoi!

LE MIRADOLE.- C’était évident d’ailleurs. Vizorek en Rego, ça le faisait. Et le coup de faire rimer Salpêtrière et cancer, c’était bien trouvé parce que ça, c’était pile poil Desproges.

GUILLAUME MEURICE.- Au final, on s’est bien amusé. J’ai relu toutes ses plaidoiries.

LE MIRADOLE.- Vous avez même pas mal bossé parce qu’il y a des blagues qui pourraient venir de lui.

GUILLAUME MEURICE.- Ouais, j’ai repris certaines structures. Il en a quatre ou cinq qu’il reprend assez souvent. Les faux lapsus, les phrases super longues qui finissent par un jeu de mots, il a quelques structures comme cela qu’il réutilise. A l’époque, il n’y avait pas de podcast, pas de rediff ni rien et quand tu relis des plaidoiries, tu as quand même des blagues qui reviennent souvent. Au bout de trois mois, il s’est dit: plus personne ne se souvient  de ce que j’ai fait il y a trois mois et quand tu lis les textes, même Perrine m’a dit: on a été obligé d’enlever des trucs parce que quand tu les relis bout à bout, tu te dis: ah ouais… d’accord.

LE MIRADOLE.- Moi, je demandais à mes parents d’enregistrer parce qu’on était rarement à la maison entre 11h00 et 12h30.

GUILLAUME MEURICE.- Mais c’était chouette. Le truc le plus violent qu’il fait, c’est quand il ne prend pas du tout en compte qu’il y a un invité, il en a rien à taper et il parle d’autre chose.

Le réquisitoire en question

LE MIRADOLE.- Vous avez des influences?

GUILLAUME MEURICE.- Pas trop non. J’avais tendance quand j’étais gamin à regarder tout. Donc, ça doit faire une espèce ce melting pot. J’ai toujours été intéressé par le one man show, l’exercice solitaire de la scène et l’humour. J’avais les VHS de tout, Elie et Dieudonné, les Inconnus évidemment, c’était l’époque, même les débuts de Bigard, je regardais tout en fait, avec des copains, on reprenait les sketches et tout, mais je ne me suis jamais dit: plus tard, je veux faire un tel ou une tel, quoi! Aujourd’hui, dans les gens qui me plaisent bien, il y a, je ne sais pas si tu connais, mais il y a un mec qui s’appelle Arnaud Aymard, il bosse à Radio Nova dans la matinale d’Édouard Baer qui est assez géniale et il fait des personnages mais complètement… Je suis assez fasciné par les gens qui forcément font pas du tout ce que je fais en humour. Il y a un mec qui s’appelle Monsieur Fraize que j’adore parce que je serais simplement incapable de faire ça en fait. Les mecs, ils arrivent avec rien, ils font de l’impro et moi, ça me fait pleurer de rire.

LE MIRADOLE.- Et pour votre spectacle, tout est écrit?

GUILLAUME MEURICE.- J’ai des parties d’impro mais je sais quand même où je vais. C’est de l’impro un peu dirigée quoi! Il y a toute une partie où je demande aux gens ce qu’ils veulent parce que le spectacle s’appelle « Que demande le peuple? », donc, j’ai une partie où je me pose à la table et je dis: balancez-moi tous les trucs dont vous avez envie et je note, et là, ça peut durer dix minutes un quart d’heure d’impro mais après je sais que je reprends le spectacle. Si les gens sont moins inspirés, ça dure cinq minutes. Dans le dernier spectacle de Thomas VdB, pas celui qu’il joue en ce moment parce que je ne l’ai pas vu et qui m’a l’air un peu plus stand up, mais dans celui qu’il jouait avant et qui s’appelait Thomas VdB chante Daft Punk, il arrivait avec un casque et il chantait du Daft Punk pendant cinq minutes, sans explication sans rien. Tu ris mais nerveusement. Tu te dis: c’est pas possible!

LE MIRADOLE.- Il est venu nous voir à Dole et si vous avez l’occasion, saluez-le de la part du correspondant de presse de Dole, il se souviendra d’une discussion qu’on a eu devant la Commanderie tard dans la nuit dans un certain brouillard.

GUILLAUME MEURICE.- C’est bien le genre! Et aussi Édouard Baer. Ce qu’il fait sur Nova, dans ses spectacles ou même dans ses films. Mais ce n’est pas des gens qui m’inspirent dans le sens où j’ai envie de faire comme eux. J’aime les regarder et ils me plaisent beaucoup.

LE MIRADOLE.- Bon. Eh bien, il me reste à vous remercier. On se voit à Mont-sous-Vaudrey le 24 juin…

GUILLAUME MEURICE.- Nickel! Et on se prend un petit canon après, alors! A la prochaine!

« Que demande le Peuple? », rencontres théâtrales du val d’Amour, tennis couvert, Mont-sous-Vaudrey, dimanche 24 juin, 17h00, tarifs: 15 euros, 18-25 ans : 10  euros, 12-18 ans : 5  euros. Billetterie: www.weezevent.com